Si ces dernières sont considérées comme nuisibles dans certaines branches d’activités, elles sont au contraire essentielles en matière d’énergie et de lutte contre la pollution car elles sont capables de détoxiquer le gaz carbonique en l’ingurgitant et en le restituant sous une forme non nocive.

La conception du bioréacteur est l’œuvre d’une équipe de physiciens allemands de l’université de Duisbourg-Essen, dirigée par Hilmar Franke. Le principe du système est très facile à comprendre. Une multitude de collecteurs solaires installés sur une surface donnée recueillent la lumière naturelle qui passe ensuite dans des fibres optiques. Au cœur du bioréacteur, cette lumière permet aux algues de recycler le gaz carbonique et de le réinjecter dans le circuit fermé de l’installation. Cette même lumière permet le développement des algues dont le surplus peut être exploité à d’autres fins. Les spécialistes estiment que l’action d’un hectare de collecteurs solaires permettrait de traiter 200 tonnes de CO2 par an, ce qui est 200 fois plus significatif que l’épuration atmosphérique réalisée par une forêt de même superficie !

L’utilisation de ce bioréacteur, dont le prototype a été réalisé en verre, permettra donc d’assainir considérablement l’environnement – à moindre coût – et de constituer une source de revenus alternative par le commerce des algues. Cette perspective de gains supplémentaires ne pourra que séduire les gros industriels et les incitera à investir dans cet appareil, une fois qu’il aura été complètement mis au point. Il est rare que l’utile joigne l’agréable mais c’est pourtant le cas avec le bioréacteur aux algues.